Il y a un moment, souvent discret, parfois inconfortable, où l’on sent que quelque chose ne va plus. Ce n’est rien de spectaculaire ni une crise violente. Juste une sensation sourde, persistante : ça ne m’emmène plus là où je veux aller.
À l’approche d’une nouvelle année, cette sensation devient plus audible. Le bruit extérieur ralentit, le calendrier se vide, et une question finit par émerger :
Qu’est-ce que je porte encore… alors que je n’en ai plus besoin ?
Pendant longtemps, j’ai cru que pour avancer, il fallait ajouter. Se concentrer dans plus de projets, augmenter sa discipline ou être de plus en plus persévérant.
Mais aujourd’hui, je vois les choses autrement. Car je pense que parfois, pour avancer vraiment, il ne faut pas ajouter.
Il faut enlever.
La montgolfière ne monte pas grâce à ce qu’elle ajoute
J’aime beaucoup cette image de la montgolfière. Car elle est simple, mais terriblement juste. Une montgolfière ne s’élève pas parce qu’on lui ajoute du poids. Au contraire, elle s’élève parce qu’on retire du lest.
Tant que des sacs de sable restent accrochés, elle peut chauffer autant qu’elle veut, elle ne montera pas. Et pourtant, vue de l’extérieur, tout semble en place. En effet, la structure est là et le feu est allumé. L’intention est bonne mais quelque chose la retient.
Et dans nos vies, c’est exactement pareil.
Ce qui nous encombre n’est pas toujours négatif
On croit souvent que ce qu’il faut laisser derrière soi est forcément mauvais. Tel que des erreurs, des échecs ou des relations « toxiques ». Mais ce n’est pas toujours le cas.
Parfois, ce sont des choses bonnes, mais qui ne sont plus justes. Des projets sincères, mais devenus lourds. Des engagements pris avec le cœur… mais qui ne correspondent plus à la personne que l’on est aujourd’hui.
Et c’est là que ça devient difficile. Parce que lâcher quelque chose de mauvais est assez évident. Mais lâcher quelque chose de respectable, de cohérent avec ton passé, demande beaucoup plus de courage.
Mon Défi Sport : quand persévérer devient reculer
Je vais être honnête.
Il y a un moment où j’ai compris que Mon Défi Sport, ma société, mon projet, ne me faisait plus avancer. Au contraire, il me tirait en arrière.
Et pourtant, ce projet avait du sens car il était né d’une vraie intention. Il m’avait appris énormément et il avait aidé des gens.
Mais il y avait cette sensation persistante : je forçais.
Chaque nouvelle action demandait plus d’énergie que la précédente. Chaque tentative de relance me vidait au lieu de me nourrir. Je n’étais plus porté par le projet, au contraire je le portais… à bout de bras.
Et quand un projet te coûte ton élan intérieur, il devient un lest. Pas parce qu’il est mauvais mais parce qu’il n’est plus aligné.
J’ai donc décidé de fermer ma société et j’hésite encore a fermer la chaîne youtube et le blog. Ce n’est pas facile de lâcher prise pour s’élever vers une nouvelle vie.
Lâcher prise pour s’élever n’est pas abandonner : c’est se respecter
On a un vrai problème avec le mot “abandon”. On l’associe à l’échec, à la faiblesse et à l’inconstance. Mais il y a une différence immense entre abandonner et choisir d’arrêter.
Abandonner, c’est fuir par peur. Mais choisir d’arrêter, c’est écouter par lucidité.
Quand j’ai compris que Mon Défi Sport me faisait reculer plutôt qu’avancer, j’ai dû faire face à quelque chose de très inconfortable : accepter que persévérer n’était plus un acte de courage, mais d’orgueil.
Et ça, c’est dur à reconnaître.
Les projets aussi ont un cycle de vie
On parle beaucoup de cycles pour les saisons, les émotions ou les relations. Mais nous en parlons très peu pour les projets.
Pourtant un projet naît, il grandit. Il t’enseigne. Et parfois… il se termine. Pas forcément dans le drame ni dans la colère. Mais juste naturellement.
S’acharner à maintenir en vie quelque chose qui a déjà rempli son rôle, c’est comme vouloir prolonger l’été en plein hiver. Tu peux forcer mais tu t’épuises.
Accepter la fin d’un cycle, c’est honorer ce qu’il t’a apporté.
Repartir de zéro n’est pas repartir de rien
Arrêter une chaîne YouTube ou arrêter un blog. Le fait d’arrêter un projet dans lequel on a investi du temps, de l’énergie, de l’identité. Vu de l’extérieur, ça peut sembler fou, incompréhensible ou gâché. Mais repartir de zéro ne veut pas dire repartir de rien.
Car tu repars avec de l’expérience, de la clarté et une meilleure connaissance de toi. Tu as affiné une intuition plus fine et une maturité que tu n’avais pas avant. Ce que tu laisses derrière toi ne disparaît pas. Ça s’intègre.
Ce qui nous empêche d’avancer n’est pas toujours ce qui nous fait souffrir
C’est peut-être l’une des prises de conscience les plus importantes de ma vie.
On croit que ce qui nous bloque doit forcément nous faire souffrir. Mais parfois, ce sont des choses “acceptables”, “logiques”, “cohérentes”… qui nous maintiennent immobiles.
Elles ne font pas mal, elles rassurent et elles sont confortable. Mais elles nous empêchent de monter.
Comme ces sacs de sable accrochés à la montgolfière. Ils ne sont pas dangereux, ils sont juste trop lourds.

Lâcher du lest demande du courage intérieur
Décider de laisser derrière soi une identité, un projet ou une histoire, ce n’est pas un acte impulsif mais c’est un acte profondément réfléchi.
Lâcher prise pour s’élever, ça demande de faire le deuil de ce que l’on pensait devenir. Et ça demande d’accepter que certaines versions de nous-mêmes appartiennent au passé.
Mais c’est aussi ce qui ouvre l’espace pour quelque chose de nouveau. Pas encore défini ni structuré, mais vivant.
Et si une nouvelle année n’était pas faite pour ajouter… mais pour alléger
À chaque nouvelle année, on parle de résolutions. Avec de nouveaux objectifs et de nouvelles habitudes.
Et si, cette fois, la vraie question était différente ?
Qu’est-ce que je n’ai plus besoin de porter pour avancer ?
Qu’est-ce qui m’alourdit, même si je m’y suis habitué ?
Qu’est-ce qui me demande trop d’énergie pour trop peu de vie en retour ?
Parfois, la plus grande avancée n’est pas un pas en avant mais c’est un pas de côté. Ou même un pas en arrière… pour mieux sauter.
S’élever demande de la légèreté
Plus je grandis, plus je comprends ceci : la vie ne récompense pas ceux qui s’accrochent le plus fort, mais ceux qui savent quand lâcher.
Lâcher un projet, ce n’est pas renoncer à ses rêves. C’est refuser qu’un ancien rêve empêche les nouveaux de naître.
Lâcher du lest, ce n’est pas trahir son passé. C’est faire de la place à son futur.
Et si tu te posais la bonne question ?
Si tu lis cet article en ce moment, peut-être que toi aussi, tu ressens ce poids. Pas une douleur franche. Plutôt une lourdeur silencieuse.
Alors je te laisse avec cette question, simple mais puissante :
Qu’est-ce que tu continues de porter… alors que tu pourrais t’envoler sans ?
Peut-être que cette nouvelle année ne te demande pas de devenir quelqu’un d’autre. Peut-être qu’elle te demande simplement de te délester.
Comme une montgolfière au petit matin. Le feu est là. Le ciel est ouvert. Il ne manque qu’une chose.
Le courage de lâcher.
As-tu déjà pensé à lâcher prise pour t’élever ? J’adorerai lire ton commentaire sur ta décision de lâcher du lest pour vivre la vie de tes rêves.

Super Article Alexandre ça me fait du bien de voir qu’il y a d’autres personnes qui hésitent à abandonner une activité. Personnellement j’ai été comme toi avec un blog auquel je m’étais attaché et qui me donnai plus de charges mentales qu’autres choses. J’ai décidé de laché du lest clairement .. un article quand j’en ai envie et un ebook à vendre, et aussi magique que ça puisse paraitre ça vend et ça marche mieux que lorsque j’étais dessus 24h/24. J’espère que ça te donnera des idées pour ton blog Mon Défi Sport 😉 Et super article qui redonne de l’espoir !
Merci Alexandre pour ce très bel article dans lequel je me reconnais fortement. De nombreuses fois la vie m’a amenée à arrêter des projets, changer de direction, accepter les fins de cycles même si ce que je vivais me passionnait. Quand quelque chose nous pèse c’est d’autant plus difficile à accepter que nous aimons cette chose, ce qu’elle nous a fait vivre, ce qu’elle nous a fait devenir. Alors pour moi il est vraiment important de célébrer. Célébrer ce job qui nous tant donné, cette relation qui nous a nourri, cette maison qui nous a rendu heureux…, les célébrer, les honorer, si possible en groupe, partager avec ses amis cette célébration pour ensuite laisser plus facilement partir. Et pouvoir enfin se tourner pleinement vers notre nouvelle étape, sans remords, sans attaches au passé.
Superbe article Alexandre dans lequel le vécu et la pédagogie sont présents. L’image de la montgolfière est très bonne.
j’ai appris que , quand tu es entre 2 portes, tu fermes une porte pour ouvrir l’autre.
Le lâcher prise a été mon intention de 2025 et le chemin est long pour y arriver. Mais évoluer et avancer est un plus sinon tu deviens un dynosaure 😉 le mot d’un ancien mentor professionnel. Et ce qui te plaisait avant peut être sans aucun lien avec la personne que tu es devenue. Poser ses valises qui ne nous servent plus ne veut pas dire oublier ou renoncer. L’expérience et les émotions seront toujours là.
Et merci pour le défi sport, j’ai repris mes haltères 😉